Voyages

Partir vivre dans un Ranch aux USA

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Après une longue pause d’été, le blog reprend du service ! Comme cette saison et sa douce odeur de vacances s’en est allée pour laisser place aux sinistres salles de classes, bureaux, et autres endroits tristes comme la pluie, je me suis dit que j’allais revenir sur mon expérience de deux mois aux Etats Unis dans un ranch-chambres d’hôtes qui organise des promenades à cheval histoire de se changer les idées.
Quoi ? Comment ? A la manière de « Vis ma vie de … » paysanne, je vous partage à travers mon expérience toutes les étapes d’un voyage : comment trouver, le trajet, les difficultés, les désillusions, les rencontres, les moments magiques, la culture… Bref vous saurez tout en l’espace d’un (long) post. Accrochez vos ceintures, on décolle en direction de « the middle of nowhere » au sud de Buffalo. Dans l’Etat de New York.
Yeah.

Comment j’ai trouvé

Je voulais partir vivre une dernière expérience avant de ne plus avoir d’été entier pour moi. En réalité, j’ai eu l’idée au moment où j’ai démissionné de mon job étudiant il y a quelques mois de cela. En y réfléchissant bien, je pense que c’était lié. J’avais besoin de découvrir autre chose, de m’enrichir, quitte à manger du riz avec du riz pendant quelques temps.

Mon premier choix a été d’orienter mes recherches vers des associations humanitaires basées à l’étranger. La déception est très vite arrivée quand j’ai vu les prix qu’ils réclamaient (parfois les yeux de la tête, la peau des fesses et tout ce qui s’en suit) pour pouvoir partir faire du bénévolat, et ce, absolument partout. De plus, certaines entreprises sans scrupules dont je ne citerai pas le nom, n’hésitent pas à proposer des programmes de bénévolat sous forme de vacances dans des associations, au prix x10 que si l’on s’adressait directement aux associations concernées. (En gros ils s’en mettent plein les fouilles). Ce petit commerce du bénévolat ne m’inspirait rien de bon.
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Déjà que ce n’est pas rassurant de partir à l’autre bout du monde alors ce n’est pas la peine de s’engager dans quelque chose que l’on ne sent pas. Je ne suis pas en train de dire que toutes les associations sont louches loin de là… mais je ne voulais pas prendre le risque de participer à un truc pas vraiment net et me sentir mal pendant le reste du séjour. Parfois, il faut juste faire confiance à son « pif ».

Mon avis sur Workaway
La question de la destination de mon voyage à ce stade m’obsédait totalement. Un jour, je suis tombée sur un article du blog freyjabydaisy.com, « comment fais tu pour voyager autant » qui expliquait, grosso modo, comment payer ses voyages. Elle a parlé notamment du site Workaway qui sera le seul que je décrirai ici mais il me semble qu’il y en a d’autres que je n’ai pas testé. Le principe est simple : on s’inscrit, on paye une vingtaine d’euros pour pouvoir contacter des hôtes et soigner sa présentation. Les hôtes peuvent être n’importe qui : des particuliers, des fermes… chez qui on fait du bénévolat en échange d’être nourri/logé. Un peu comme le principe du woofing mais sans forcément partir dans une ferme.
Mes critères de sélection ont été vite vus : anglais + chevaux, ce qui m’a naturellement dirigé vers les Etats Unis et le Canada, car oui ce n’est pas un cliché, les américains sont vraiment des Cow boy, dans l’attitude comme dans le style. J’ai alors contacté trois ranchs, et c’est finalement dans l’Etat de New York, à environ 1h du sud de Buffalo que je suis partie. Si vous utilisez ce genre de site, je vous conseille fortement de contacter plusieurs personnes car certaines mettrons du temps à répondre, certaines ne vous correspondrons pas, ou voire ne vous répondront pas.

L’arrivée

Buffalo 22h
Après 21h de voyage, un train, deux avions, des douaniers odieux, une crise le larmes dans les toilettes, trois aéroports, me voilà arrivée à Buffalo. Je suis ex-té-nuée. Après avoir traversé le long couloir interminable qui relie l’avion au hall d’entrée, je me dépêche de prendre mes bagages. Je suis si soulagée d’être arrivée mais en même temps, je sens ma gorge se nouer. Et pour cause : personne n’est là pour m’attendre. Je cherche à tâton mon portable dans mon sac pour essayer de joindre la propriétaire du ranch. Sauf que… plus de batterie, et en plus de cela je n’ai même pas enregistré son numéro qui est quelque part dans un mail, que j’aurai pu voir avec ma tablette si j’avais internet. A ce moment là, les questions fusent dans ma tête : Pourquoi ? Pourquoi avoir contacté une inconnue, sur internet, qui n’existe peut être même pas ? Et puis, pourquoi je suis partie d’abord, j’étais bien sur mon canapé ! A ce moment précis, j’ai vraiment envie de rentrer.
why
Après m’être battue avec mes doutes, je décide de faire un tour du hall. Puis deux. Puis trois. J’ai pensé utiliser une cabine téléphonique mais je ne comprends rien, je n’ai pas envie de faire d’efforts et puis de toute façon si vous avez suivi je n’ai toujours pas son numéro. Après mon quatrième tour du hall-ou dixième, à ce stade je n’arrive plus à compter, j’aperçois enfin une petite dame, dans la trentaine, un peu rondelette tenant un papier A4 où l’on peut vaguement distinguer une photo de cheval. Je tente de lui laisser un regard interrogatif (ou désespéré) qui voulait dire « c’est pour moi ? ». Je ne sais pas si elle a comprit mon expression, mais en tout cas elle me fait un grand sourire. Bingo, c’est pour moi. Personne ne peut imaginer le pouvoir d’un sourire jusqu’à ce que l’on en ai vraiment besoin. Je m’approche d’elle et avant même de se faire la bise, elle me baragouine quelque chose d’incompréhensible en anglais qui s’apparentait à un bienvenue. Là, j’ai compris deux choses : que je suis une vraie bille en anglais, et que les américains ne font pas la bise. Je tente alors un « okay ! » qui résumera en gros le vocabulaire utilisé durant mon séjour.
Elle m’emmène ensuite dans la voiture où se trouve la vraie propriétaire du ranch que l’on appellera Alicia, qui se trouve être sa mère (vous suivez?). C’est une imposante femme blonde,  sans âge, avec une voix légèrement nasillarde. On a une heure de trajet pour aller au ranch alors je tente de répondre à toutes les questions que l’on me pose et comme je bafouille, ça les fait rire. Elles me rassurent en me disant que ce n’est pas grave et qu’en une semaine j’allais faire d’énormes progrès.
Mouais.

La descente aux enfers
Plus on s’éloignait de Buffalo, et plus on s’éloignait de la civilisation. Je ne le savais pas encore mais j’allais découvrir une face cachée des Etats Unis, qui représente en fait une grande partie du territoire mais que nous sommes loin de nous douter, ayant naïvement le cliché du rêve américain, richesse, puissance et modernité. Alors que les maisons se faisaient de plus en plus rares sur la route, je ne pu m’empêcher de me demander sérieusement où étaient-elles en train de m’emmener. Le paysage me faisait penser au film « 10 Cloverfield lane »  et il n’aurait pas été surprenant que je me fasse kidnapper par des psychopathes en manque d’enfants à élever. La vue des animaux sauvages qui occupaient les champs en bord de route m’a quelque peu apaisée. Je n’en avait jamais vu autant en si peu de temps, c’était incroyable. A un moment, on aperçoit un panneau «Dude Ranch ». Alicia m’indique que c’est la route du ranch à partir d’ici et je ne pu m’empêcher de sentir un élan de joie car, Bon Dieu, ce ranch existe bel et bien ! Il fait nuit, je ne vois pas vraiment les alentours mais de toute façon je m’en moque : je veux juste dormir. Après m’avoir fait visiter sa maison, elle me montre ma chambre et m’explique que je vais rester là pour une semaine et qu’après je changerais de place. Elle m’explique également qu’on va partager sa salle de bain, sans omettre un détail très important : ne pas mettre de papier toilette … dans les toilettes mais dans la poubelle qui se trouve à côté. La tuyauterie est très vieille qu’elle dit. Ô combien elle avait raison, cela fera l’objet de l’une de mes premières missions.

Les rencontres

Après une nuit d’approximativement 2h de sommeil je me réveille difficilement. Le petit déjeuner est dans 1h30 mais impossible de me rendormir. Je vais voir mes amies de la veille dans la cuisine qui préparent le petit déjeuner. Alicia me dit qu’en attendant, je peux aller voir les autres qui se trouvent dehors. « Les autres », ce sont les « workawayers ». Des jeunes comme moi, qui font une étape dans le ranch d’au moins un mois et demi. En arrivant, on pensait chacun que l’on serait 2 ou 3 mais on s’est retrouvé entre 15 et 18 pendant le durée de mon séjour. Là, il n’y avait que deux allemandes en train de nourrir les chevaux et un homme grisonnant arborant un sourire du genre :

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….. Malaise. Personne ne semble se préoccuper de ma présence alors je tente un « hello » timide.

T’es la nouvelle ? Me répond l’homme à l’air fort sympathique.
Oui…
Tu sais monter à cheval ?
Oui j’en ai fait pendant 6 ans
Bien. Ben j’sais pas pour l’instant regarde les faire

Ce que j’ai fait. Les filles ne cherchaient franchement pas à me parler et comme je ne voulais pas leur faire peur avec mon incroyable talent dans la langue de Shakespeare, je n’osais pas non plus leur poser des questions. Il faut dire que je n’ai jamais été très douée pour me faire des amis. Non pas que je sois associable, j’adore les gens mais c’est un peu une angoisse pour moi les conversations avec des inconnus, j’ai l’impression qu’il faut toujours assurer, bref je me met la pression. -Non je ne suis pas folle, même un bonjour doit être parfait c’est tout. Bonsoir.- Et puis bon, c’est vrai que je suis un peu solitaire, disons que si ça se dit d’une personne qui aime passer du temps seule et qui n’a pas forcément besoin d’être entourée de mille et une personnes chaque jour, alors oui je le suis. Je n’étais donc vraiment pas à l’aise et la barrière de la langue me freinait vraiment. J’ai décidé de me poster contre une barrière justement, et faire semblant de les regarder, je me sentais imbécile à les suivre. D’autres personnes sont venues m’accueillir, et malgré mon anglais incompréhensible, + les accents aussi différents que le nombre de têtes, je me suis sentie de plus en plus à l’aise.

Ma journée passa incroyablement vite : de 8 heures à 23 heures, j’ai travaillé non stop. Comme tout le monde était pressé, personne n’a prit le temps de m’expliquer que je n’étais pas obligée de tout faire le premier jour. Mais bon après tout, j’étais venue là pour ça. Heureusement pour moi, et malheureusement pour mon anglais, il y avait plus de françaises que tout le reste. Elles ont pu m’expliquer les méthodes de travail, le fonctionnement du ranch etc… Je leurs posais tout le temps des questions, consciente de les déranger mais je m’intéressais au travail, ce qui n’était malheureusement pas le cas de tout le monde.

 

Petit à petit, je me suis rendue compte que j’avais tissé des liens avec plus ou moins tout le monde. C’était magique de constater que l’on réussissait à rire tous ensembles alors que l’on venait d’origines très différentes. Certains soirs nous faisions des feux de camps, une occasion de partager des moments avec les invités, en savoir un peu plus sur la culture américaine ou encore montrer nos différences culturelles (comme les expressions étrangères qui piquent les yeux)

Jim, un ami du ranch
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Le goulag travail

La charge de travail dépendait des jours, mais nous avions une liste tous les matins de tâches à réaliser que nous confectionnait amoureusement Alicia, mais dont personne ne comprenait. Elle employait des abréviations absolument incompréhensibles alors comme je suis sympas, je vous ai fait une traduction.

Exemple de travail dans une journée classique :

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J’ai eu du mal à le réaliser les premiers jours mais il s’est avéré que nous gérions le ranch seuls. C’est à dire que personne ne travaillait à plein temps sur le terrain pour nous aider en cas de pépin, il n’y avait que nous pour accueillir les clients, partir en promenade et réaliser toutes les autres activités. Bien sur, on pouvait toujours demander à la patronne en cas de problème mais globalement, c’étaient les anciens qui apprenaient aux nouveaux et ainsi de suite. De temps en temps, la « ranch family », soit des amis du ranch venaient nous aider mais c’est tout. Inutile donc de préciser que parfois, organisation rimait avec bordel.

Exemples de tâches ingrates que l’on a du accomplir :

  • Creuser des trous dans le jardin pendant trois jours -à cause d’une carte foireuse- où se trouvaient les bouches d’égout (je vous laisse imaginer pourquoi)
  • Vider des camions entiers de foin à la suite (c’est fatigant ça pique ça gratte)
  • Faire le ménage (qui aime ça?)
  • Marcher à côté des enfants pendant les promenades (OK j’ai réussi à l’éviter, c’est juste par compassion avec mes compagnons d’infortune)

Exemples de tâches plutôt cool :

  • Nourrir un chaton
  • Soigner un chat blessé
  • Entraîner les chevaux
  • Guider des promenades (de nuit c’est encore mieux)
  • Sauver un raton laveur coincé dans une poubelle (note à moi même : descendre dans une poubelle pour sauver cette petite bête à l’air inoffensif est apparemment une très mauvaise idée)
  • « Depoop » (enlever le crottin), mais avec le quad

Les clients et les promenades
Au début de l’été c’était plutôt calme en semaine. Ils ne se bousculaient pas pour faire des promenades alors il y avait des moments où l’on s’ennuyait franchement. En juillet en revanche c’était la débandade, si bien que j’ai du m’improviser à la fois palefrenière, baby-sitter, femme de ménage, guide de promenade… en plus d’occuper continuellement les clients et de gérer les imprévus dans le plus grand calme pour faire miroiter un semblant de « on gère la situation ne vous inquiétez pas ». Je me rappelle d’une promenade extraordinaire, où nous sommes partis à trois guides, 5 invités débutants qui ne parlaient pas un mot d’anglais. Un cauchemar. Trois chevaux sont tombés dans la rivière, dans une sorte de sables mouvants, un invité est tombé dans l’eau, une autre a failli tomber d’un ravin… bref dans ce genre de moment il fallait pouvoir gérer les chevaux mais aussi et surtout les cavaliers : il suffisait d’un moment de panique, ou tout simplement qu’ils n’écoutaient pas les consignes et les problèmes commençaient. En y réfléchissant bien, il m’arrivait toujours des c*uilles quand j’accompagnais les promenades. Et je me suis surprise à avoir su gérer, avec l’aide des autres « workawayeurs », les peurs des invités et trouver une solution rapidement qui convienne à tout le monde. Et vous savez quoi, les invités de la promenade catastrophique avaient quand même laissé un pourboire parce que, je cite, « On a eu du fun ».
What ?
what

Les loisirs

Il nous arrivait de culpabiliser de ne rien faire car les moments de pause n’étaient pas vraiment définis, on pouvait respirer quand le travail était fini. Mais comme il y avait toujours quelque chose à faire… on mettait la patronne en rogne quelques fois car merde, on était là aussi pour découvrir et profiter. Manque de pot, le ranch était très éloigné de tout et les seules sorties étaient organisées par Alicia, qui nous emmenait et attendait dans la voiture.
Les sortie obligatoires : Les Chutes du Niagara, Sculpture Park, Rock City, Wifi Place, Mall, Amish.
Les sorties possibles : Cinéma, Wall mart, Restaurant…
On avait aussi la rivière juste à côté qui, outre le fait qu’elle attirait les moustiques et autres bestioles inconnues au bataillon en masse, constituait une bonne source de rafraîchissement après une journée à baigner dans un mélange de sueur-paille (Glamour avez vous-dit?), ou encore un bon lieu de promenade à cheval. Quand on avait de la chance. Parlons en justement, de la plus grande déception pour tout le monde. Les promenades à cheval étaient très difficiles à faire, contrairement à ce qui était annoncé sur l’annonce. Il fallait bien souvent réussir à convaincre la patronne pour partir et de tout manière, nous étions bien trop nombreux pour pouvoir prendre des chevaux une fois le travail fini. Ils avaient bien souvent des journées très (trop) chargées. C’est pourquoi je ne recommanderai pas de partir en été : horde de clients + colonie de workawayers = C’est la cata, c’est la catastrophe. L’hiver est beaucoup plus calme, mais dans ce cas là il faudra oublier les baignades à moins de creuser un trou dans glace.
Un autre point à soulever qui ne respectait pas l’annonce, est… roulement de tambours… l’accès à internet. Oui, vous avez bien lus. Il était précisé que l’accès à internet était illimité or il y avait un quota à ne pas dépasser si bien que l’on ne pouvait pas utiliser Skype pour communiquer avec nos proches par exemple. Encore mieux, parfois la chef nous le coupait pendant plusieurs jours pour qu’elle puisse gérer son site web.

Du coup, j’ai appris à jouer au volley. Et c’était pas gagné.
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La nourriture

Je détaillerai la bouffe américaine en général dans un autre article qui montrera les différences culturelles entre les États Unis et la France. Il faut savoir que la nourriture en général là bas est déjà assez… particulière mais soit, on est aux « States », on n’est pas là pour faire un régime. Mais voilà, dans un ranch c’est pire. Disons que ce n’était pas vraiment varié, il faut aimer les ribs, le maïs, et aimer le sucre. Le sucre le sucre le sucre. Partout tout le temps. Du sucre dans le maïs, dans la salade, dans la viande… Comme je vous l’ai dit, ce n’était pas le moment de faire un régime et de devenir végane. Mais alors que beaucoup de personnes avaient beaucoup de mal avec la nourriture et ne mangeaient pas beaucoup, je n’ai jamais autant mangé sans réfléchir à ce qui passait dans mon estomac. La raison est que … cette nourriture eh bien nous n’en avions pas assez. Oui vous avez bien lu. On était trop pour ce qu’il y avait à manger alors le premier arrivé, premier servit. C’est à ce moment là que je me suis auto-prise en flagrant délit de loucher sur les assiettes des autres qui avaient pris plus de tranches de pastèques qu’il n’en faut. Pourtant, avant je n’aimais pas la pastèque. Mais ça c’était avant. L’énergie n’était donc vraiment pas au rendez vous. J’ai aussi remarqué combien la nourriture pouvait agir sur le moral. Le jour où on a sauté un repas de midi j’étais si en colère que j’ai pensé à prendre un billet retour.

Menu du jour
Matin : Brioche, beurre, confiture
Midi : Un ou Deux sandwichs de pain de mie (beurre-sorte de jambon)
Soir : Ribs, Maïs

Ce que ça m’a apporté

Cette expérience a été la meilleure formation que j’ai eu jusqu’à présent. Ça m’a permis de me dépasser, de prendre un peu plus confiance en moi pour parler aux autres et de faire toutes sortes de choses que je n’aurai pas forcément faites au quotidien. J’ai aussi pris conscience de mes capacités et limites physiques. La journée était fatigante et il m’arrivait de me sentir épuisée avant la tombée de la nuit (genre, 1h après le réveil en fait). Je me souviens de longues journées à vider plusieurs camions entiers de bottes de foin, pour finir les bras écorchés et irrités, à devoir s’empiffrer de cookies sous peine de tomber dans les pommes. D’ailleurs, plusieurs d’entre nous ont fait un malaise dans ces journées éreintantes, et c’est là que je me suis rendue compte où était ma limite.  On aurai pu arrêter parfois, dire merde on est pas payés ! Bon ok on l’a fait dans des cas extrêmes mais globalement, on continuait. Non pas pour la reconnaissance de la patronne, qu’on n’avait pas vraiment, mais pour nous. Quelque part j’étais fière de ce que je faisais et de voir jusqu’où je pouvais aller. Je voulais partir seule pour vivre l’expérience à fond, et même si tous les jours on se plaignait de la chaleur, de la bouffe, de la patronne, des clients, du soleil, de la lune… Je pense qu’aucun de nous n’a regretté. Parce que c’étaient les bons comme les mauvais moments qui ont fait que l’aventure était unique et que, même si je ne me suis pas assez améliorée en anglais à mon goût, j’en suis ressortie plus mature.

Choses que j’ai apprises :

  • S’imposer, sans forcément écraser les autres.
  • Savoir dire non
  • Travailler et vivre en communauté, alors que je suis de nature plutôt solitaire, qu’on avait pas assez à manger (non un sandwich pain de mie-beurre-bologna n’est pas assez quand on travaille toute la journée) sans qu’il y ait vraiment de conflits entre nous (des comérages en revanche oui évidemment).
  • Me rendre compte que j’avais quand même une paire de cojones pour partir seule à l’étranger.

Et enfin, ce que j’ai surtout retenu, c’est que quoi qu’il arrive, il faut essayer de voir le bon côté des choses. Après tout, on ne part pas tous les jours vivre une expérience comme celle là alors même s’il y avait des choses à redire, comme la considération qu’on nous accordait, au final on en aura tous gardé un très bon souvenir.

Prêt(e) pour l’aventure ?

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Letchworth Park, des cascades et d’innombrables marches

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Rue typique des petites villes du coin

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Une école en briques rouges et un gazon coupé au millimètre

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Un petit rodéo pour le 4 juillet ? Oh say, can you see…

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Coucher de soleil avec un cerf. Normal.
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Coucher de soleil avec un cerf. Normal.

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Des chevaux amish. Avec des mouches amish.

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Petite promenade en soirée
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Après l’effort, le réconfort !

 

Pour plus de photos, c’est par ici sur mon compte instagram perso !

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Marion
Marion
Étudiante en communication sans futur fixe, j'aime la forme des ananas, la couleur des cocktails et vivre là ou il y a des palmiers. À la recherche d' originalité partout et tout le temps, je n'aime pas causer du coup j'écris pour partager mes découvertes en tout genre. Sinon, j'aspire à conquérir le monde.

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